Deux ans et demi de prison pour Mickaël Bertrand

Deux ans et demi de prison pour l’escroc qui disait faire venir Robbie Williams à Lens.


Robbie Williams en concert exceptionnel au stade Bollaert? Une affiche de rêve qui conduit le «promoteur» en prison.

Finalement, il a été jugé sans avocat. Hier après-midi, le tribunal de Béthune a condamné Mickaël Bertrand à trois ans de prison dont six mois avec sursis pour escroquerie. En 2006, il avait prétendu organiser un concert de Robbie Williams au stade Félix-Bollaert de Lens.
À lui seul, l’itinéraire judiciaire de Mickaël Bertrand vaut le détour. Placé en détention provisoire (en août 2006), puis libéré et placé sous contrôle judiciaire, il avait été réincarcéré pour s’être soustrait à ses obligations. Il faudra attendre trois audiences pour qu’il soit jugé. Aux deux premières, il avait bénéficié d’un renvoi. Celle d’hier était l’ultime report possible. Le délai devait lui permettre de régler les honoraires de son premier avocat et d’en prendre un nouveau.

« Coquille vide » N’ayant pas payé ce qu’il devait, c’est seul que Mickaël Bertrand, 31 ans, a répondu hier aux questions de la justice. En mars 2006, il se fait passer pour Jacques Bertrand, un promoteur de concerts de la société Libellule Flowers, véritable « coquille vide », dira le président du tribunal.
Toujours est-il que l’homme vient toquer à la porte de Bollaert Développement, une filiale du RC Lens, et propose la venue en concert de Robbie Williams dans le stade de foot. Non content d’avoir berné la filiale du club lensois, Mickaël Bertrand escroquera aussi une entreprise d’audits et un architecte.
Pour donner encore plus de patine à son histoire, il embauche cinq personnes, sans leur faire signer de contrat de travail ni leur verser le moindre salaire. Viennent se greffer à cette histoire, déjà bien compliquée, des faits de violences répétées dont l’accuse son ex-concubine et dont il a aussi été jugé coupable hier.
À l’audience, Mickaël Bertrand n’est pas disert. « J’assume tout, monsieur le président », dira-t-il simplement. Face à un homme sans avocat, le président Pierre Pichoff ne tire pas sur l’ambulance. L’avocat de Bollaert Développement, Me Emmanuel Riglaire, parle d’une affaire où « tout était organisé de façon extrêmement intelligente ». Il reconnaît que le préjudice pécuniaire « n’est pas important, les investissements ayant pu être réutilisés notamment pour la Coupe du monde de rugby ». Il demande 4 000 euros de dommages et intérêts. Le tribunal en accordera un peu plus.

Faits reconnus en intégralité De son côté, la jeune substitute du procureur, Élodie Jung, admet que le prévenu lui a coupé l’herbe sous le pied. « Je suis surprise qu’il reconnaisse en intégralité les faits, ce qui n’était pas le cas pendant l’instruction. Je m’apprêtais à démontrer l’évidence, croyant qu’il allait continuer à adopter la même ligne de défense. » Deux ans dont un avec sursis sont requis. Mickaël Bertrand en fera finalement deux et demi. Il devra payer un total de 4 000 euros de dommages et intérêts à deux de ses employés non déclarés.

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